Jusqu’à maintenant, en raison de son coût à l’achat et au développement, je n’ai exposé qu’un seul film Washi V. Pour le film et le développement, il faut compter 30€, ce qui, sur un appareil 6×6, revient à quelques 2,5€ la photo. Et ce, sans compter le tirage, que j’ai trouvé ardu à faire pour les deux photos pour lesquel j’ai fait des tests. Le négatif n’est pas plat et il est donc difficile à bien caler sous l’agrandisseur, il s’expose plus longuement, et il faut jouer avec les filtres pour bien gérer le contraste.

Néanmoins, j’adore le rendu de ce film, et je le trouve particulièrement adapté à un lieu comme le Cimetière du Père Lachaise, qui, entre ses monuments, entretenus ou abandonnés, ses arbres qui le peuplent, le vallonnement qui lui donne un relief particulier, tous ces éléments jouant sur les lumières, permet d’obtenir des clichés assez étonnants et uniques. La texture du film et l’émulsion donne aux photos un aspect suranné bien agréable, totalement aléatoire, mais ô combien agréable à regarder. Il est évidemment utilisable pour bien d’autres situations ou lieux, mais j’aime l’association entre les cimetières et ses vieux monuments funéraires avec cette texture et ce rendus uniques.

Récemment, Lomig Perrotin, le fabricant de ces films artisanaux, a donné une méthode pour développer ses films dans des spires classiques, ce qui permet de faire le développement à la maison, comme pour les autres films, en utilisant simplement un « guide », qui n’est autre qu’un film « normal » non exposé mais développé. Et ça, c’est une excellent nouvelle, car cela permet de s’affranchir du coût du développement en labo. Bon, évidemment, ce n’est pas aussi simple que ça, puisqu’il faut adapter la méthode de développement, avec une agitation plus régulière, un bain d’arrêt à l’eau, un fixage bien plus long et un rinçage qui n’en finit pas. Selon les temps donné par Lomig, il faut compter une bonne heure de développement, contre 30 à 40 minutes pour un film plus classique.

Cela va cependant me motiver à utiliser plus fréquemment ce film pour mes randonnées dans le cimetière, pour retrouver le petit contemplateur que j’avais croisé lors de ma première expédition avec la Washi V.