Pendant longtemps, quand j’allais me promener dans le parc des Buttes Chaumont situé non loin de mon domicile, je passais régulièrement par le jardin alpin, situé dans la partie la plus à l’Est du parc, et invariablement, mon oeil était attiré par la voie de chemin de fer qui y passe. Souvent, je voyais des promeneurs sur cette voie de chemin de fer. Mais longtemps, j’ai considéré cette zone comme inaccessible, interdite, voir dangereuse. Mais l’envie de la visiter était déjà fort.

Le déclencheur a été des travaux dans cette tranchée ferroviaire, sorte de cicatrice au milieu du parc, boisé. Des travaux qui, d’après ouï-dire, allait permettre la transformation en coulée verte du tronçon situé dans le 19ème arrondissement, qui s’étend du parc jusqu’à la porte d’Aubervilliers, voir au delà. Un projet qui, à l’époque, résonne plutôt de bon sens, puisque les trains ne circulent plus depuis de très nombreuses années, et que la promenade s’annonce belle, entre les immeubles, au dessus des rues, et même, comble de chance, au dessus du canal de l’Ourcq via un magnifique pont métallique.

Néanmoins, qui dit travaux d’aménagement dit également disparition de la dite voie ferrée. Et donc, un intérêt moindre si l’on s’intéresse un tant soit peu au patrimoine industriel et donc ferroviaire de la ville de Paris. patrimoine en grande partie disparu, reconverti, recouvert, bétonné, rasé.

C’est ainsi que j’ai bravé l’interdit, et que j’ai visité ce tronçon ferroviaire urbain pour la première fois.

Cette première visite fut courte. D’une part, car à l’intérieur même du parc des Buttes-Chaumont, la foie ferrée s’enfonce dans un tunnel, très long, et particulièrement long, d’autre part, car après une centaine de mètre, ce jour-là, des cabanes et engins de chantier barraient la voie ferrée, et le gardien de cette installation était suffisant vigilant et alerte pour nous interdire d’aller plus loin.

Mais avec cette première balade, le virus était attrapé, et depuis, j’ai parcouru la Petite Ceinture Ferroviaire de Paris près d’une centaine de fois, en toutes saisons, par tous temps, à toutes heures de la journée. D’abord seul, puis avec d’autres passionnés de cette voie ferrée intramuros dont l’état d’abandon, de délabrement et de transformation en parc de loisirs, est totalement incompréhensible à une époque où les enjeux climatiques et les problèmes de pollution connaissent une croissance exponentielle.

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