Islande, juillet 2004.

Après deux voyages au Québec, qui m’ont enchanté et m’ont donné un goût prononcé pour la découverte d’autres contrées, je décide d’aller moins loin, mais vers une destination qui me semble bien exotique exotique. L’Islande est un pays qui me fascine depuis longtemps : par son aura picturale, sa culture ancestrale, son éloignement et sa proximité, son histoire. Ses paysages désertiques me font rêver, et je me plonge avec délectation dans les photos que je peux trouver, et ne font qu’accroitre mon intérêt, et conforter mon choix.

A cette époque, internet est balbutiant pour tous les services qui aident à voyager facilement de nos jours. Le voyage est organisé avec l’aide d’une agence de voyages qui s’occupe du tracé du parcours, de la réservation des gîtes chez l’habitant, de la location du véhicule, un énorme 4×4. Il m’emmène vers les « attractions » principales du pays : le « Cercle d’Or » évidemment, la piste F35, le lac Mývatn, les fjords de l’est, le Jökulsárlón et le Landmannalaugar. Des noms qui font rêver évidemment. Le Blue Lagoon également. Un circuit classique, touristique mais au niveau du tourisme à cette époque en Islande : peu fréquenté.

La photo ne m’intéresse pas encore. J’ai avec moi mon premier compact numérique, fier du haut de ses 2 mégapixels, le standard du moment, et mon APS argentique, un appareil qui me suit depuis mon premier voyage et que j’aime bien malgré ses quelques défauts. On peut faire des photos dans 3 formats différents, et la qualité des tirages me convient parfaitement pour ce que j’en fait. Cet appareil remplit donc parfaitement son rôle : rapporter des souvenirs de voyage. Voilà à quoi me sert la photographie à ce moment-là.

Revenu en France, les photos sont tirées, stockées et… oubliées.

Plusieurs années plus tard, la photo a pris une plus grand part dans ma vie. Je fais l’acquisition d’un scanner APS et je ressors mes photos d’Islande. Je leur trouve un charme différent, car mon regard a changé : il s’est affuté par la pratique de la photo d’une autre manière. Faire de la photo pour la photo. Une autre dimension. Assurément.

La plupart des photos ont été prises en couleur, seule une poignée a été faite directement en N&B mais heureux hasard, je scanne le premier film couleur en N&B. C’est bien plus beau à mon sens, cela remet en valeur les paysages islandais. Superbes. Epoustouflants. Imperturbables. Mémorables. Fascinants surtout. Du coup, je scanne le tout en couleur et N&B.

Evidemment, depuis, j’ai envie de retourner me perdre, solitaire, dans ces paysages, de ne faire plus qu’un avec ces paysages, de n’être qu’un, unique et tout, une envie de m’y perdre, m’y fondre, d’y disparaître. Comme les exilés, aux temps anciens, bannis de la communauté. Abandonnés dans ces paysages gris. Sombres. Froids. Morts. Mais ô combien admirables